Il y a des souvenirs qu'on ne choisit pas d'oublier — ils restent simplement là, gravés dans la chair. La traversée de la Méditerranée est de ceux-là.

87 personnes dans un bateau de 20

Illustration éditoriale 2 — La Méditerranée : la nuit où j'ai failli ne jamais arriver
Photo : Roberto Machain / Pexels

Le départ avait été repoussé trois fois. Les passeurs changeaient leurs instructions à chaque heure. Et puis, un soir de février 2022, à minuit, on nous a dit : « C'est maintenant ou jamais. »

Nous étions 87. Des hommes, des femmes, des enfants. Serrés les uns contre les autres dans un bateau pneumatique défoncé. La cargaison humaine la plus précieuse du monde — et la moins protégée.

Les heures les plus longues

Illustration éditoriale 3 — La Méditerranée : la nuit où j'ai failli ne jamais arriver
Photo : Михаил Крамор / Pexels

À 2h du matin, le moteur a calé. Les vagues étaient de 2 à 3 mètres. Deux femmes priaient à voix haute. Un homme pleurait en silence. Et moi, je fixais l'horizon noir en me disant que si je devais mourir ici, au moins j'aurais essayé.

« La peur n'était plus là. Elle avait été remplacée par quelque chose d'autre : une forme de paix étrange, totale. »

L'aube

Illustration éditoriale 4 — La Méditerranée : la nuit où j'ai failli ne jamais arriver
Photo : Maxim Boldyrev / Pexels

À 6h14 du matin, j'ai vu les lumières. Les gardes-côtes italiens. Nous avons crié. Tous ensemble. Pour la première fois depuis des mois, nous criions de joie.

Je racontais tout cela dans le chapitre 28 de WHAT NEXT ? — avec les mots qui font mal et les mots qui libèrent.

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Illustration éditoriale 5 — La Méditerranée : la nuit où j'ai failli ne jamais arriver
Photo : Newman Photographs / Pexels